mardi 27 octobre 2009

Pratiques Culturelles - 10 ans après

Le ministère de la Culture et de la Communication publie tous les 10 ans les résultats d'une grande enquête statistique sur les pratiques culturelles des Français. La dernière datait de 1997, la nouvelle vient enfin de sortir il y a une dizaine de jours. Elle est consultable par tous ici.

Elle est intitulée, "Les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique". En 10 ans, nos habitudes on certes beaucoup changé. Premièrement la moitié des Français sont aujourd'hui équipés d'internet en haut débit et près d'un tiers l'utilisent quotidiennement.

Certaines des tendances déjà notées en 97 se confirment 10 ans plus tard et cela sans lien direct avec l'arrivée d'internet: c'est le cas de la lecture (livre et presse écrite) et de la radio qui s'effacent peu à peu de nos pratiques.



Autre caractéristique qui perdure, numérique ou pas, les disparités selon le niveau de diplôme et la richesse.
Ceux qui aujourd'hui passent le plus de temps sur Internet sont aussi ceux qui sont les plus diplômés, les plus favorisés et ceux qui sortent le plus.
"En effet, si une forte durée d’écoute de la télévision était en général associée à un faible niveau de participation à la vie culturelle, il n’en est pas du tout de même pour l’internet qui concerne prioritairement les catégories de population les plus investies dans le domaine culturel : ainsi, la probabilité d’avoir été au cours des douze derniers mois dans une salle de cinéma, un théâtre ou un musée ou d’avoir lu un nombre important de livres croît-elle régulièrement avec la fréquence des connexions."



Il y a cependant eu quelques changements radicaux dans nos habitudes. Tout d'abord internet a permis l'intensification des pratiques culturelles en amateur, en particulier en ce qui concerne la vidéo et la photo.


Ensuite le progrès technique lié à la révolution numérique a créé entre autre une série d' "appareils, le plus souvent nomades, offrant une large palette de fonctionnalités au croisement de la culture, de l’entertainment et de la communication interpersonnelle."
"Cette évolution a définitivement consacré les écrans comme support privilégié de nos rapports à la culture tout en accentuant la porosité entre culture et distraction, entre le monde de l’art et ceux du divertissement et de la communication"
Comme le soulignait Télérama, on peut maintenant lire un texte sophistiqué sur un fond musical débile.

Au total nous passerions près de 31h en moyenne devant les écrans au cours de la semaine, sur notre temps de loisirs. Les jeunes passent encore moins de temps devant la télévision en revanche leurs comportements sont marqués par le fait qu'ils choisissent les contenus: ce sont eux qui passent le plus de temps devant les jeux vidéos ou à regarder des DVDs.



Enfin, dernier point concernant la génération des 15-24 ans et fortement accentué par Internet: les jeunes vivent dans un univers globalisé où leurs goûts se dirigent de préférence vers la musique anglo-saxone et les films américains (ou les séries en VO). Nombreux sont ceux qui ont travaillé, étudié ou qui ont de la famille à l'étranger.

En marge de ces évolutions majeures il faut tout de même noter une petite remarque faite dans la conclusion que les auteurs de l'étude suggèrent de prendre avec des pincettes: il semblerait que "le spectacle vivant serait parvenu à toucher une frange de nouveaux spectateurs tout en perdant une petite partie des spectateurs réguliers."
Il est clair que les Arts de Rues ou le Cirque connaissent dernièrement un essor assez important à travers le pays: les compagnies beaucoup plus mobiles vont chercher les spectateurs et proposent des contenus qui effraient moins les populations peu habituées au Théâtre. Cette adaptation des contenus peu à l'inverse décevoir ceux que l'on pourrait appeler les "puristes".

Ce n'est là qu'une hypothèse que je formule, il faut bien sûr voir comment cela va évoluer.